Dies irae, dies illa

Je pense aux 17 victimes connues ou anonymes tombées sous les coups des terroristes.

Je pense aux peuples massacrés tous les jours dans le monde et au 2.000 personnes nigerians tués par Boko Aram entre le 6 et le 8 janvier.

Je pense à cette petite fille qui portait la bombe qui l’a tuée dans un marché du Nigeria.

Je pense à ceux qui restent : leurs collègues qui se sont relevés pour écrire, leur famille, leurs amis.

Je pense à tous ces gens qu’on appelle les forces de l’ordre, que l’on conchie quotidiennement, mais qui ont risqué leur vie pour nous défendre.

Je pense à nos hommes et femmes politiques dont je suis fière pour la première fois depuis si longtemps.

Je pense à ces gens qui ont une boule au ventre en sortant dans la rue : musulmans, juifs, parisiens ou même parfois moi au fond de ma campagne.

Je pense aux familles de ces terroristes entrainées dans une tornade inommable.

Je pense à cette France qui se rassemble et qui me rend fière d’être française.

Je pense à ceux qui ne se rendent pas compte de ce qui se passe.

Je pense à ceux qui traversent des épreuves ou qui accompagnent des morts « ordinaires » en ces jours noirs.

Je pense à tous ceux qui échangent des câlins et de l’amour pour rendre moins insupportables ces jours noirs.

Je pense à la liberté et à notre avenir.

J’essaye d’ignorer les manoeuvres politiciennes et les luttes d’ego qui reviennent toujours trop vite.

… et je pleure…

Plus de 150 musiciens se sont rassemblés à Londres, Trafalgar Square pour jouer l’Adagio de Samuel Barber en hommage aux victimes de l’attentat ayant visé Charlie . Merci à eux

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Du rêve que fut ma vie

Exposition Camille Claudel 1984

Exposition Camille Claudel 1984

Vous n’êtes pas sans savoir que j’aime les musées et les expositions, que j’ai eu le coup de foudre pour Camille Claudel bien avant qu’elle fut à la mode. Petite, j’avais une affiche d’un exposition  de Camille Claudel à côté du poster de Gérard Philipe (je viens de vérifier, l’expo date de 1984 : mais où l’avais-je dénichée ? De mon premier voyage à Paris ?). Etudiante à Paris, je passais beaucoup de temps dans le musée Rodin (en particulier ses jardins) où l’on trouvait des oeuvres de Camille Claudel à coté de celles de Rodin. Il y a bien sûr eu le livre d’Anne Delbée (84)  puis le film avec Isabelle Adjani (88). Et puis maintenant l’exposition Camille Claudel au Musée de la Piscine à Roubaix (mon musée préféré que j’aime d’amour comme vous avez pu le deviner). Comment la louper ? Et tout autour des événements… Les cours de l’Ecole du Louvre (très enrichissants), des visites… et des spectacle et surtout un spectacle :

Du rêve que fut ma vie par la compagnie Les Anges du Plafond

Du rêve que fut ma vie- Photo : Vincent Muteau

Du rêve que fut ma vie- Photo : Vincent Muteau

Deux filles sur scène : une contrebassiste et une actrice. Une autre aux lumières. Les textes : des lettres écrites par Camille Claudel ou qui lui étaient destinées. Et puis la magie opère : avec du papier, des lumières, les costumes, la contrebasse pour représenter la pierre, le travail de la pierre (avec le son de la contrebasse), les oeuvres de Camille Claudel (la luminosité du marbre translucide de la petite Châtelaine, l’âge mur…), la folie, la déchéance…

Je résume : tu peux aller voir l’expo Camille Claudel au Musée de la Piscine jusqu’au 8 février 2015 pour le spectacle c’est trop tard mais en allant sur le site des Anges du Plafond tu devrais avoir plus d’info ou leurs dates de spectacles.

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A kind of magic

Les Cris de Paris au Louvre Lens

Les Cris de Paris au Louvre Lens

C’était au Louvre-Lens. C’était un peu au hasard, sur la foi de quelques lignes d’un programme : 40 voix spatialisées. Un choeur dont je n’avais jamais entendu parler : Les Cris de Paris. On suit son intuition, on ya va (mais on ne demande à personne de nous accompagner, on ne sait pas ce qu’on va voir.

En attendant, on lit le programme et ô divine surprise une oeuvre à 40 voix : j’avais déjà entendu une messe à 40 voix, une nuit d’insomnie sur France 2 ce qui m’avait laissée perplexe (l’oeuvre pas l’insomnie). Ici deux oeuvres à 40 voix (une de Thomas Tallis 16° siècle et une autre d’un compositeur contemporain) pour… 40 chanteurs… Pas intérêt d’être malade dans ce choeur.

Entrée dans la salle, les chaises sont installées au centre de la salle, se faisant face donc personne ne fait face aux chanteurs qui nous entourent. Impossible aussi de mater le chef, mon sport préféré. Le chef sera filmé et les chanteurs pourront le suivre sur des écrans vidéos disséminés dans la salle.

Des chanteurs exceptionnels. Nul besoin du dispositif électronique dont sont dotés les chanteurs d’Equilbey, mais les diapasons sont largement utilisés par chaque chanteur. Une occasion unique pour vibrer et entendre des harmoniques (en particulier dans une pièce contemporaine de Anders Hillborg). Les voix sont tellement en résonance que même s’ils sont disséminés dans la salle vous entendez un ensemble et les voix complémentaires créées par les harmoniques. Un délice pour les oreilles et même plus : une sorte de massage par le son.

Visuellement, l’objectif de la mise en scène est d’oublier de regarder pour se concentrer sur l’écoute. Je dois avouer que même si je comprends l’idée, je suis un peu frustrée.

Et encore plus frustrée de ne pas voir le Chef de choeur. Là aussi, la démarche est très intéressante. Contrairement à la tendance actuelle, le chef se met complètement en retrait : j’ai quand même pu le regarder un peu diriger, le geste est sobre ; pendant le salut, le chef en noir se confond avec les chanteurs… Une modestie rafraichissante même si je reste convaincue de l’importance du chef dans l’interprétation d’une oeuvre.

Un moment magique est, comme il se doit, difficile à décrire, alors la prochaine fois que vous voyez une affiche des Cris de Paris, allez y sans attendre que je vous le dise, vous m’y trouverez sûrement.

 

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Tu connais le Un ?

Le unLe Un c’est un nouvel hebdomadaire, à l’heure où j’écris cet article, nous en sommes au troisième numéro.

J’en ai vite et beaucoup entendu parler  car la sortie d’un nouveau journal n’est pas anodine par les temps qui courent où la presse ne va pas très, très bien et se demande ce que sera son avenir proche. A la fois séduite par un nouveau concept et méfiante face à un machin porté aux nues par les bobos-intellos-parigots de Twitter.

Bon mais vous me connaissez, je suis curieuse, donc, au fin fond de ma campagne, je pars à la recherche du premier numéro… sans succès ; deuxième numéro… sans succès… je trouve le troisième par un miraculeux hasard. En même temps (oui j’avais un peu/beaucoup ronchonné sur Twitter c’est vrai), le community manager du Un faisait preuve de panache et m’envoyait les trois premiers numéros .  J’ai donc pris plaisir à les lire. Voici mon avis personnel, partial et un peu de mauvaise foi comme il se doit.

Ce que j’ai aimé :

  • le papier : il n’existe pas en version numérique ce qui au début m’a paru un contre-sens économique mais je dois avouer que j’ai eu plaisir à prendre l’objet papier en main et que lire sur papier m’a donné un recul difficile à obtenir sur un écran. En plus, la qualité du papier est particulièrement agréable.
  • la mise en page : choix des typos,  alignement des textes tout est parfait, créatif et aussi pensé pour une lecture fluide
  • la qualité des auteurs tant par leur langue que par leur connaissance/point de vue sur le sujet
  • l’absence de publicités
  • l’objet : ludique, doux, différent
  • le sujet unique vu de points de vue différents : cela permet de sortir du flux d’actualité, de se poser d’autres questions (mes sources d’informations principales étant la radio et le web car les journaux m’ennuient)
  • la rapidité de lecture : 1h/1h30 c’est faisable (je n’ai jamais compris que certaines personnes arrivent à lire Le Monde tous les jours O_o)
  • la réaction du Community Manager 🙂
  • le culot de lancer un nouveau journal par les temps qui courent

Ce que je n’ai pas aimé :

  • la diffusion aléatoire surtout au trou du cul du monde (enfin je suis quand même à moins de 20 km de Lille) mais je peux comprendre qu’être présent partout est cher pour un journal en plein lancement
  • la dernière page, la plus grande : pas pratique, difficile à lire quand tu as passé l’âge où tu as un problème de longueur de bras pour lire les caractères de taille normale

En résumé j’ai plutôt aimé, je vais même m’abonner au moins pour la première année : mon premier abonnement depuis que j’aie du tout arrêter pour des raisons économiques il y a quelques années.

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Nouvelle amie

Ma nouvelle amie : une harpe celtiqueC’est une drôle de rencontre, une histoire improbable mais aussi très naturelle

Je ne suis pas une musicienne ou alors si peu. Je n’ai pas fait d’école de musique, ma seule approche de la musique étant petite a été la fanfare municipale (sic) et les cours de flûte à bec du collège. Manque de moyens, joies de la vie au trou du cul du monde, manque de culture musicale de la famille : tout ça à la fois. Ajoutez à cela une oreille approximative et un sens du rythme très très personnel.

Mais…

J’ai toujours regardé avec envie mes cousins apprendre le piano. J’avais aussi la fâcheuse habitude de tomber amoureuse des pianistes. Donc à 30 ans, je me suis jetée à l’eau : j’ai commencé le piano. Un vrai piano qui résonne même si sa qualité reste incertaine. Sans lâcher, dans une relation très égoïste avec mon instrument : pas question de jouer pour les autres, rester seuls au monde tous les deux.

Et puis il y a deux ans, je suis tombée en arrêt (il n’y a pas d’autre mot) devant une harpe celtique. Style chien d’arrêt devant un gibier : JE VEUX CA ! Depuis j’ai trouvé un prof (même deux, le premier ne m’apportant pas ce que je recherchais, il faut savoir partir). Loué une harpe celtique… Et puis, le son de cette harpe ne m’a plus suffi…

Gratouiller d’autres harpes pour essayer de comprendre (et aussi éviter d’en acheter une, ça coute un bras cette chose…), comprendre, prendre d’autres harpes dans mes bras.

Aller au magasin de harpes à la Capitale (il n’y a pas de magasin de harpes dans le Grand Nord). Ne pas être très rassurée : je ne suis qu’une musicienne du dimanche (même si je travaille tous les jours de la semaine). Y aller avec Rixile que je rencontrais pour la première fois mais qui m’a prêté ses oreilles bienveillantes. Arriver dans un magasin plein de harpes comme deux enfants dans un magasin de bonbons. Un accueil simple et qui met à l’aise et une entreprise qui a tout compris au service : essai de harpes, mise à disposition de studio et de harpes pour ses clients,…

Essayer des harpes, c’est les prendre dans ses bras (c’est ce qui diffère d’avec le piano), les sentir vibrer, ronronner, respirer dans ses bras, contre soi. En essayer, une, deux, trois… dix…. découvrir que ce n’est pas parce qu’elles ont le même nom qu’elles sont identiques. Revenir en ayant choisi le modèle, avec une petite idée de la couleur qu’on préfèrerait : claire, définitivement ! Sans Rixile. Finir par hésiter entre deux, essayer, écouter, goûter… ne plus savoir laquelle choisir et trouver l’aide de quatre oreilles : la responsable du show room harpiste émérite et un client qui était venu emprunter un studio et que les sons de la harpe a attiré. Comme les sirènes attirent les marins. Repartir avec une harpe couleur … foncée bien sûr…

Je l’ai ramenée avec moi dans ma petite auto. Montée en suant sang et larmes jusqu’à la salle de musique (putain c’est lourd et encombrant cette chose et pourquoi ai-je décidé de mettre cette p… de salle de musique au deuxième ! ).  Depuis, on s’apprivoise, elle ronronne dans mes bras… je serais presque prête à nous produire en public avec elle ce que je n’ai jamais envisagé avec le piano (résultat de l’instrument ou de mon évolution ? Nul ne le saura jamais).

Elle s’appelle Isolde Carmac. Ecoutez la chanter.

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